Conseils  pour une pratique  plus sereine  de  la  photo  de rue

Repris de:  « Réponses Photo n°272 novembre 2014 »

 

Les photographes sont bel et bien autorisés à prendre des photos de personnes dans la rue et à les exploiter par la suite pour une exposition ou dans une publication. Ceci, sous certaines réserves évidemment. Mais l’application de ces droits est souvent plus complexe dans la réalité, les photographes se heurtant à des réactions violentes lors des prises de vue et, par la suite, si les images viennent à être diffusées. Pour éviter problèmes et déconvenues, il faut à la fois faire preuve de bon sens et connaître les limites juridiques imposées à la photo de rue.

 

Sur le terrain:

▪ Attention aux enfants et adolescents. Les parents tolèrent mal qu’un inconnu les photographient sans leur autorisation et diffuse les images par la suite, en particulier s’ils sont reconnaissables. Alors évitez de les photographier de trop près et de serrer sur les visages. Concentrez-vous plutôt sur les attitudes, les silhouettes, etc.

▪ Photographier des adultes est moins problématique, mais évitez de photographier les gens dans des situations indécentes ou provoquant chez eux embarras, honte ou sentiment d’être rabaissé, raillé ou traité comme une chose ou un animal. Bref, attention à leur dignité (qui est un droit constitutionnel en France).

▪ Si vous êtes pris à partie, restez le plus calme possible et demandez à votre interlocuteur:

  1. D’exposer tout aussi calmement ses griefs. Soyez attentif et dites que vous comprenez sa réaction et ses interrogations.
  2. De vous laisser exposer, à votre tour, votre point de vue. Rappelez-lui alors quels sont les droits du photographe, au besoin en présentant des documents (extrait du jugement téléchargeable ici) que vous prendrez soin de toujours garder dans votre sac photo.

 

Avant diffusion (exposition ou publication):

D’une manière générale, assurez-vous que votre image:

  1. Ne porte pas atteinte à la dignité de la personne.
  2. Ne porte pas non plus atteinte à sa vie privée, en risquant de générer pour elle des conséquences d’une particulière gravité.

Si l’image est diffusée dans le cadre du droit à l’information, assurez-vous que la personne qui figure sur votre image est directement liée au sujet évoqué.

Ne demandez pas d’autorisation quand il n’y a pas lieu d’en demander. Ce serait ouvrir inutilement la voie à la contestation et risquer d’affaiblir le droit à l’information et à la liberté d’expression artistique.

A relire également sur le sujet: le dossier de la rédaction sur la photogénie de la ville, RP n°252 de mars 2013, et en particulier la partie consacrée au droit à l’image. Ainsi que le grand article sur le sujet dans notre numéro hors-série n°12.